petites histoires

Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 22:49

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Par chrislyes - Publié dans : petites histoires - Communauté : La communauté des bébés
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /2008 13:57

Quelques fois la maman de Nini va voir sa grand-mère. Elle s'appelle Mémé. La grand-mère de la maman de Nini est très vieille.Elle est si vieille, que Nini peut en avoir peur. C'est du moins ce que dit la maman de Nini. Alors, Nini n'accompagne pas toujours sa maman, lorsqu'elle va voir Mémé. Elle reste à jouer dans le jardin de sa mamie, avec les lapins et le chat . Mais cette fois-ci, la maman de Nini a tenu à ce qu'elle vienne avec elle et sa mamie. Car cette fois-ci, c'est l'anniversaire de Mémé. Cette fois-ci, Mémé a100ans.
« Mémé n'a plus toute sa tête », dit maman. Il lui arrive de ne plus savoir ce qu'elle fait. De ne plus savoir ni ce qu'elle dit, ni ce qu'on vient de lui dire.
Elle n'habite pas toute seule. Elle vit dans une grande maison, avec des tas et des tas d'autres vieilles personnes. Nini y est allée une fois avec sa maman, et avec sa mamie. Mémé n'arrêtait pas de demander en la montrant du doigt:
"Mais, qui c'est ça ? ".
La maman de Nini répondait gentiment, en souriant:
" C'est Nini; c'est ma fille, Mémé. Tu la connais, tu l'as déjà vue."
Et la mamie de Nini disait aussi:
"C'est ma petite-fille, maman. C'est ton arrière petite-fille."
Et Mémé disait tout simplemement:"Ah !". Mais elle redemandait aussitôt après un tout petit temps de silence, en pointant du doigt vers Nini:
"Et ça, qui c'est?".
.Alors, la maman et la mamie de Nini, répondaient encore en souriant:
" Mais c'est Nini, c'est ma fille, Mémé. Tu la connais, tu l'as déjà vue."
Et la mamie de Nini ajoutait: "C'est ma petite-fille, maman. C'est ton arrière petite-fille."
Et Mémé disait tout simplemement:"Ah !". Et elle redemendait aussitôt:
"Et ça, qui c'est ? "
Mais cette fois-ci, c'est tout autrement. Et cette fois-ci, Nini est venue avec son nounours dans les bras. Elle le tient très fort serré contre son coeur. Cette fois-ci, ça se passe au bord de l'eau, dans un restaurant. Car cette fois-ci, Mémé a cent ans !.
Il y a toute la famille de Mémé. Et ça fait tellement de monde, que personne ne connait tout le monde. Ça fait tellement de monde, que Nini regarde tout le monde, en se disant que tout le monde pourrait demander à la place de Mémé en désignant quelqu'un du bout du doigt: "Et ça, qui c'est?"
Nini regarde Mémé. Mais Mémé ne bouge pas. Elle a l'air de regarder Nini, mais Nini sait que ce n'est pas elle, que Mémé regarde.
Au bout d'un moment, Mémé tend le doigt vers Nini qui tient son nounours contre son coeur. "Et ça, qui c'est?"
"Ça, c'est Nounours, c'est mon doudou", dit Nini.Si tu veux je te le prête un petit moment. Mais pas longtemps. Faudra me le rendre", dit Nini.C'est à moi."
Et Nini tend son doudou à Mémé. Alors Mémé le serre très fort contre son coeur. Elle pleure mais, ce n’est pas de tristesse. Elle pleure de bonheur.
Alors la mamie de Nini prend son appareil photo. Et la maman de Nini prend Nini dans ses bras. Elle la serre tout contre son coeur. "Bon anniversaire Mémé", chante toute la famille. "Bon anniversaire maman", dit la mamie de Nini, en serrant sa maman de cent ans dans ses bras. "Très bon anniversaire Mémé", dit Nini en reprenant Nounours que Mémé lui tend. Et tout le monde rit. Et tout le monde applaudit.

Marc Colmar

Par chrislyes - Publié dans : petites histoires - Communauté : La communauté des bébés
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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /2008 20:44

A l’école, il y a un grand avec plein de billes dans les poches. Des billes magnifiques, de toutes les couleurs, de toutes les tailles. Ce garçon les garde dans sa poche et jamais ne les prête, jamais ne les donne, il joue tout seul avec ses belles billes. Comme il est très fort, aucun enfant ne s’attaque à lui.

Un jour, il défie ses camarades : « Celui qui restera tout le temps de la récré sur un seul pied, je lui donnerai trois billes, une bleue, une verte et une jaune... » Mais personne n’ose tenter l’exploit : ce grand-là, il donne toujours des coups.

Pourtant, le plus petit de la classe, le plus timide aussi, se place au milieu de la cour, replie une jambe, regarde bien droit devant lui et ainsi, à cloche pied, se met à attendre... Au début, un grand cercle se forme autour de lui. Les enfants silencieux le regardent, puis ils s’éloignent un à un et retournent à leurs jeux, il ne tiendra pas tout le temps de la récré, c’est pas possible, déjà, la sueur coule sur son front, déjà, ses genoux tremblent... Non, il ne tiendra pas...

Le petit pourtant ne bouge pas malgré ses yeux qui piquent et cette sale mouche qui se promène le long de sa jambe et le chatouille, le chatouille...

Quelle torture ! Il n’y a plus que le grand à présent pour le surveiller et se moquer de lui. Il lui fait des grimaces, tourne autour de lui en chantant et fait mine de le bousculer... Mais le petit tient bon sur sa jambe maigre qui tremble de plus en plus et s’engourdit, il tient bon en serrant les dents et les poings.

Ouf !...La sonnerie !...Il a gagné ! Il a gagné contre le grand ! Il a gagné les trois billes magnifiques !!!

Tandis qu’il frotte sa jambe et s’essuie le visage, les enfants courent se mettre en rang devant la classe.... Mais le grand regarde le petit et d’un air arrogant lui lance « Tu ne les auras jamais tes billes ! Nanananère... Et personne n’osera dire que tu n’as pas posé le pied par terre !... »

L’enfant ne dit rien mais il réfléchit toute l’après-midi, il pense à l’épreuve qu’il a supporté, à ses jambes qui le picotaient, comment dit-on déjà ....Oui, avoir des fourmis dans les jambes ! ...Mais c’est ça la solution : les fourmis !!! le lendemain, il les appelle, ces fameuses fourmis qui vivent dans le creux du marronnier et qui en veulent à ce grand qui a détruit leur fourmilière par pure méchanceté.L’enfant leur confie ce qui est arrivé et les fourmis se mettent au travail, grimpent le long du pantalon du grand et rongent à toute vitesse le fond de ses poches lourdes des billes merveilleuses...

A la récréation de l’après-midi, elles ont fini leur ouvrage et tout à coup... La poche craque et les boules de verre roulent toutes sur le sol dur de la cour. Tous les enfants se précipitent dans un grand cri de joie et ramassent les billes ... Alors le plus jeune s’avance vers le grand, et ouvre la main où sont posées trois billes : une jaune, une verte et une bleue : « Celles-là, je les ai gagnées hier, tu le sais aussi bien que moi ! »

FIN

Marc Colmar

Par chrislyes - Publié dans : petites histoires
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /2008 15:46

"Mamie", dit le petit garçon, "elle a l'air de souffrir".


La chatte de Grand-Mère va avoir des petits.


Depuis ce matin, elle tourne dans la maison pour chercher un coin. Mamie dit que "c'est toujours comme ça". Mais d'habitude, l'enfant lui, il ne voit pas la chatte de Grand-Mère faire ses petits. D'habitude, il n'est pas là. Mais cette fois-ci, ça tombe bien, parce que ce sont les vacances d'hiver. Et aux vacances de février, il va toujours chez ses grands-parents.

Et cette fois-ci, la chatte de Mamie, elle va faire ses petits en plein milieu des vacances de février.

Grand-Mère dit que ce sont les contractions qui font bouger Minette, mais que ce ne sont pas encore "les bonnes". "Quand les bonnes viendront", dit Mamie, "Minette ne bougera plus que pour faire ses petits."

Mais pour le moment, elle tourne dans la maison depuis ce matin.


C'est toujours bien les vacances de février chez Mamie et Grand-Père, parce qu'il y a la Chandeleur, et que Mamie fait toujours des crêpes, ce jour là.


Quand Mamie fait des crêpes, Grand-Père est encore plus drôle que d'habitude.

Il veut toujours s'en mêler, et il se tient constamment coller à elle, juste derrière, "pour voir si elle fait tout comme il faut". Parce que Grand-Père, il dit qu'il est le "meilleur faiseur de crêpes de toute la maison", qu'il sait "exactement comment il faut faire pour que la pâte à crêpes soit légère", "comment il faut faire, pour que les crêpes soient fines et moelleuses", et "comment il faut faire pour les faire sauter"...

Grand-Père dit que pour les crêpes, il y en a pas deux comme lui à cent kilomètres à la ronde, et qu'il est l'Empereur de la crêpe.

Il se met un tablier de cuisine à la taille, il s'enfile un chapeau en papier journal sur la tête, et il embête tellement Mamie, qu'elle finit toujours par lui laisser la crêpière.

Alors Grand-Père s'en donne à cœur joie:

Il verse sa pâte dans la sauteuse avec une louche, en chantant,

Il fait dorer sa première crêpe,

Et il la fait sauter en dansant et en faisant tourner son tablier.

Mais il la rate toujours quand il veut la rattraper avec sa poêle, et la crêpe se retrouve à tous les coups par terre, et il faut qu'il la ramasse à quatre pattes.

Et le petit garçon rit aux éclats avec sa Mamie, devant les clowneries de Grand-Père.


Mais cette année, quand Grand-Père veut ramasser sa crêpe sauteuse, le petit garçon ne rit pas. Il entend un petit chat qui miaule. Et puis il en entend un autre, et puis encore un autre, et un autre encore. Il entend miauler comme ça, cinq bébés chats.

La chatte de Grand-Mère a eu cinq petits.

Cette année, le petit garçon a oublié les crêpes de mamie, et les pitreries de Grand-Père. Pour la première fois, aux vacances de février, il pense à autre chose qu'à la Chandeleur. Il pense aux bébés chats.


FIN

Marc Colmar

Par chrislyes - Publié dans : petites histoires
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